Plus d’un mois a passé déjà et je réalise que je n’ai pas encore fait de descriptions de mes journées à l’orphelinat…
L’orphelinat de Phu My est un orphelinat d’état, dirigé
Je m’y rends 3 fois par semaine pour m’occuper d’une salle de 15 enfants, dont les âges varient de quelques mois à environ huit ans.
Ils sont tous handicapés, sauf l’un deux Bao loc, adorable petit garçon de deux ans qui nous quitte paraît-il fin janvier ayant trouvé une famille d’accueil. C’est le chouchou des volontaires de passage forcément, plutôt capricieux donc, mais élevé à la baguette (pas de vilain jeu de mot…) par Ko Chao, la responsable de notre salle. Il nous aide beaucoup, rapportant les bols, nettoyant les saletés du déjeuner, nous apportant les attelles des enfants, et met beaucoup de joie autour de lui.
Demonstration en video :
C’est sûrement très important pour les autres enfants d’avoir un colocataire « valide » qui vient aussi les titiller, tout comme c’est important pour lui de ne pas rester trop longtemps parmi des enfants handicapés…je pense que nous appréhendons tous le moment où il va partir…
Les autres enfants ont tous des handicaps bien différents, allant du simple bec de lièvre, à la trisomie, en passant par la cécité, ou encore le très léger handicap. Nous pouvons quasiment tous les sortir de leur lit, sauf rares exceptions d’enfants très malades et constamment dans leur lit sous perfusion.
Les autres enfants ont tous des handicaps bien différents, allant du simple bec de lièvre, à la trisomie, en passant par la cécité, ou encore le très léger handicap. Nous pouvons quasiment tous les sortir de leur lit, sauf rares exceptions d’enfants très malades et constamment dans leur lit sous perfusion.
Je me suis beaucoup attachée à Laï, un petit aveugle qui est arrivé il y a quelques mois, à l’âge de 4 ans.Il vient donc tout juste d’être abandonné et est du coup complètement perdu ; il pousse des cris stridents et ne se calme qu’une fois dans nos bras. Le moment du déjeuner pour lui est le plus redouté pat nous tous.Il se débat comme un forcené , hurle, nous tire les cheveux et refuse de se nourrir.Nous finissons par utiliser la méthode forte et faisons souvent du gavage, ; c’est toujours un moment très difficile à passer pour nous tous. Au fur et à mesure des semaines pourtant, il semble de plus en plus serein, s’habituant sans doute à nous et à son nouvel environnement..
Je me rends là-bas avec Priscille, une de mes coloc’, et nous y retrouvons tous les jours Caroline, psycho-motricienne en stage pour deux mois, mais aussi Marie-Claire, femme d’expat et psychomotricienne également, qui vient donner de son temps depuis quelques années.A toutes ces bonnes volontés s’ajoutent beaucoup de gens de passage, vietnamiens pour la plupart, mais aussi des écoles australiennes, canadiennes venant pour 2 semaines donner un coup de main, repeindre des dortoirs etc…Beaucoup de monde donc, et tout cela dans une désorganisation la plus totale…
Il n’y a pas de véritable encadrement et chacun va dans la salle où il veut, fait ce qu’il veut avec les enfants sans savoir vraiment quoi faire d’ailleurs…C’est un peu comme un trajet en bicyclette ici, la loi de la jungle ! Ou bien tu es débrouillard, parles avec les mains, devines quel bol on donne à manger à qui, quel enfant dort dans quel lit, et dans ce cas tu survis…ou tu attends que quelqu’un vienne te prendre par la main pour avancer et là tu n’as rien compris à la société vietnamienne…
Il y a bien entendu des aides soignantes vietnamiennes avec nous, mais elles nous voient pour beaucoup d’entre elles d’un mauvais œil et ont tendance à se reposer beaucoup sur nous, considérant trop souvent que nous sommes là pour faire leur boulot…
Il y a bien entendu des aides soignantes vietnamiennes avec nous, mais elles nous voient pour beaucoup d’entre elles d’un mauvais œil et ont tendance à se reposer beaucoup sur nous, considérant trop souvent que nous sommes là pour faire leur boulot…
Notre « job » consiste surtout à les changer d’environnement…leur environnement se cantonnant à leur « chambre » de 15 lits. Nous sortons donc un tapis sur lequel nous jouons avec eux, en tachant d’attiser leur curiosité le plus possible. C’est très mignon de les voir s’éveiller et chaque jour nous avançons pas à pas…Certains rangent maintenant les legos tous seuls , d’autres se battent pour attraper le même jouet (et ça c’est une grande victoire de les voir s’énerver !) ou encore s’émerveillent quand on leur montre du 1er étage les voitures qui passent dans la rue en dessous.
Après bien sur il y a les jours plus difficiles où ils sont malades, où on se fait mordre, tirer les cheveux, uriner dessus (ils ont des couches en tissu donc forcément cela n’est pas étanche…), où le bol de riz valse sur notre pantalon tout propre du jour, où ils pleurent sans cesse et qu’on ne comprend pas le problème…mais ça finalement, c’est pareil pour tous les enfants, qu’ils soient vietnamiens, français, orphelins ou handicapés !...
Et aujourd’hui on a installé les décos de Noël dans leur chambre…Grande effervescence !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire